Basis Introduction en vrac à la lecture d’œuvres toile-papier
Histoire de l’art : notes partagées et dossiers
- Le parcours du regard
- La composition
- L’espace
- La ligne et la couleur
- La lumière
- La touche
- Lecture d’une œuvre
Le parcours du regard
Dans l’extrait qui suit, Paul Klee ( credo du créateur, 1920 ) évoque le processus de création d’une œuvre d’art, puis compare celui de la lecture qu’en fait le spectateur.
Idéalement évident bien sûr ! Non mais oh, hé, hein ? bon …
« Le principal handicap de celui qui la contemple ou la reproduit est qu’il est mis d’emblée devant un aboutissement et qu’il ne peut parcourir qu’à rebours la genèse de l’œuvre. Aussi serait-il absurde de lui susciter, au lieu d’une jouissance, des difficultés supplémentaires. Il est donc souhaitable que l’artiste recherche une certaine simplicité de construction, une certaine facilité de lecture qu’il ne faut pas prendre pour de l’indigence et qui ne dément en aucune façon l’assurance, le savoir faire, la science qu’il peut avoir. L’œuvre musicale a l’avantage d’être perçue exactement dans l’ordre de succession dans lequel elle a été conçue, mais, lors d’auditions répétées, l’inconvénient de provoquer de la lassitude par le retour régulier des mêmes impressions. L’œuvre plastique présente pour le profane l’inconvénient de ne pas savoir par où commencer, mais pour l’amateur averti, l’avantage de pouvoir abondamment varier l’ordre de lecture et de prendre ainsi conscience de la multiplicité des significations. » Paul klee
La composition
Ce terme désigne la structure formelle fondamentale de l’œuvre, qui résulte des choix opérés par l’artiste dans la combinaison des formes, des couleurs, des lignes et des valeurs.
L’étude de la composition permet de percevoir clairement le principe d’équilibre de l’œuvre et d’en évaluer la part de statisme ou de dynamisme, ainsi que la tendance à la clôture ou à l’ouverture.
L’espace
La question de l’espace en peinture a pour point de départ une évidence matérielle, celle de la toile comme surface bidimensionnelle. L’instauration d’une troisième dimension ne peut donc se faire que par artifice, en créant l’illusion de la profondeur ou du volume.
Idéalement évident bien sûr ! Non mais oh, hé, hein ? bon …
« C’est une chose admirable, qu’on puisse faire voir sur une toile ce qui n’y est point, du relief et des enfoncements où tout est plat et des éloignements où il n’y a rien qui soit proche.
Cela ne peut se faire à moins que la vue de cette toile ne fasse la même impression sur les yeux que si l’on voyait les choses mêmes et c’est ce que la perspective fait exactement. » Bernard Lamy, Traité de perspective où sont contenus les fondements de la peinture, 1684
Au fil des époques et des styles, différents moyens ont été utilisés ou délaissés, adaptés ou systématisés L’espace représenté peut ainsi être traité de manière intuitive, rigoureusement géométrique ou délibérément subjective. Dans la peinture abstraite, la troisième dimension n’est pas toujours abolie. Un effet de profondeur peut naître de la superposition des formes ou du choix des couleurs.
La ligne et la couleur
Procéder par le dessin puis la mise en couleur, a constitué une tendance dominante dans la peinture européenne jusqu’à la fin du XIXe siècle, en revanche à partir et durant tout le XXe siècle, les peintres se sont mis à expérimenter d’autres possibilités, en inventant des procédés, par exemple le dripping ou la pratique du monochrome.
Idéalement évident bien sûr ! Non mais oh, hé, hein ? bon …
« Il est facile de constater que la valeur de telle couleur est soulignée par telle forme et atténuée par telle autre. En tout cas, les propriétés des couleurs aiguës sonnent mieux dans une forme aiguë. Les couleurs profondes sont renforcées dans leur effet par des formes rondes. Il est cependant bien évident que la discordance entre la forme et la couleur ne doit pas être considéré comme quelque chose d’inharmonieux, mais au contraire comme une nouvelle possibilité et donc, également une harmonie. Le nombre des couleurs et des formes étant infini, ces combinaisons, et par la même les effets, sont illimités. » Vassily Kandinsky, Du spirituel dans l’art, et la peinture en particulier, 1911
La lumière
Introduire de la lumière dans un tableau revient à séparer, différencier, faire émerger certaines zones et en repousser d’autres dans l’ombre. Le contraste ainsi produit entre le clair et l’obscur peut être plus ou moins accusé, selon le but recherché. Concrètement il s’obtient en ajoutant du blanc ou du noir aux teintes, ou parfois en utilisant ces deux valeurs pures. Le clair-obscur joue bien évidement un rôle primordial dans les techniques qui ne recourent pas à la couleur, telles la gravure et l’encre, ou encore en photographie. Il constitue l’un des procédés essentiels de la peinture réaliste, parce qu’il permet de restituer les volumes et l’espace.
Idéalement évident bien sûr ! Non mais oh, hé, hein ? bon …
« Dieu dit : Que la lumière soit et la lumière fut. Dieu vu que la lumière était bonne et dieu sépara la lumière des ténèbres » Ancien testament, Genèse 1, 4-5
« Tu réaliseras que la peinture est capable de représenter sur le plan des choses qui semblent en relief et que c’est la même chose que fait le miroir. La peinture n’est pourtant qu’une surface et le miroir de même. La peinture est impalpable puisque ce qui semble complet et saillant ne peut être touché par la main et miroir agit exactement de même. Et, en voyant que le miroir peut, par lignes, ombres et lumière, créer l’illusion du relief, toi, qui as parmi tes couleurs des ombres et des lumières plus puissantes que celles du miroir, tu sais les combiner comme il faut, ton œuvre apparaîtra sans doute elle aussi semblable à la réalité vue dans un grand miroir » Léonard de Vinci, Traité de la peinture, 1530
La touche
Le terme touche désigne les différentes manières de poser et travailler la pâte à l’aide du pinceau, de la brosse ou du couteau. On peut en distinguer deux utilisations opposées ; une touche lisse fait disparaître les traces du pinceau a contrario d’une touche apparente qui affirme d’emblée le caractère fabriqué de l’image en donnant à voir la matière qui la constitue. D’un point de vue technique, le jeu sur la touche permet de créer des effets de surface, de relief et de texture. La touche est pour certains artiste un moyen d’expression privilégié, on peut en effet reconnaître la touche d’un peintre, elle constitue l’une des caractéristiques importantes de ce que l’on appelle le style d’un artiste.
Toutefois, le réel enjeu de l’analyse de la touche, c’est que l’on observe véritablement à travers elle le travail de création et d’élaboration de l’image. Derrière la touche, c’est la main du peintre en action que l’on surprend, son énergie, sa force ou sa délicatesse.
La touche apparente, telle qu’on utilisé les romantiques, les impressionnistes, les expressionnistes ou encore les fauves, permet de montrer le monde à travers la subjectivité.
Idéalement évident bien sûr ! Non mais oh, hé, hein ? bon …
« Il faut à chaque coup de pinceau ou plutôt de brosse, ou de pouce, que l’artiste s’éloigne de sa toile pour juger de l’effet. De près l’ouvrage ne parait plus qu’un tas informe de couleurs grossièrement appliquées. » Diderot et la recherche de la bonne distance au tableau
Lecture d’une œuvre
Ce travail d’analyse passe par la mise en évidence d’une série de paramètres. Et que de paramètres façonnent le regard que l’observateur … Idéalement évident bien sûr !
- Dans quelles directions diriger son regard
- Imaginer la genèse de la réalisation d’une œuvre
- Apprécier le degré d’abstraction d’une œuvre
- L’impression produite par les sujets – éléments principaux de la composition
- La fonction des sujets, des éléments primaires et secondaires
- Le degré de dynamisme d’une composition
- Situer le pôle visuel d’une image
- Différencier les oppositions dans une composition
- La composition, manière d’occuper l’espace
- Le choix du format et son orientation
- Le cadrage et l’importance du hors champ
- Traitement et fonction de la perspective
- Déceler les lignes de construction d’une composition
- Les points de vue adoptés sur l’espace représenté
- Les moyens utilisés pour rendre le volume et la profondeur
- Différencier et interpréter les volumes réels et figurés
- Le rapport entre le vide et le plein, le fond et la forme
- La genèse des couleurs dans une composition
- Le choix des couleurs et leurs effets sur la perception de l’observateur
- Décrire la gamme chromatique d’une œuvre
- Le rapport des teintes chaudes et froides
- La relation entre l’éclairage et la composition
- La fonction scénographique de la lumière
- Traitement stylistique de la lumière et de l’éclairage
- La nécessité et le rôle du titre dans l’interprétation de l’œuvre
- Justification du titre par des aspects de l’œuvre
- La relation qu’une image établit avec l’observateur
- Les techniques employées contribuant à l’implication de l’observateur
- Stylisation et l’impression suscitée chez l’observateur
- Les traces et empreintes révélant l’impulsion des gestes créatifs de l’artiste
- L’artiste exprime-t’il une part de lui-même
- Le style propre d’un artiste
- Découvrir le but de l’artiste
- Déceler des rapports de l’artiste à son œuvre
- Le contexte d’une œuvre dans le temps
- L’appartenance d’une œuvre ou d’un artiste à un mouvement
- …
Sources : Regards croisés – introduction à la lecture d’œuvres – A.Albanese, N.Gaillard, P-A.Toillet
Jeudi 20 août 2009 à 17:09abstrait - analyse - ancien - art - artiste - blanc - cadrage - caractère - clair-obscur - composition - construction - contraste - couleurs - créateur - création - dessin - dimension - dynamisme - éclairage - écrire - époque - espace - expression - fonction - fond - format - forme - histoire - lecture - ligne - lumière - matériel - matière - monde - mouvement - noir - observateur - ombres - papier - paramètres - peintre - peinture - perspective - photographie - pinceau - plastique - point - pose - procédés - profondeur - rapport - réalisation - regard - relation - relief - roman - science - siècle - style - surface - tableau - technique - techniques - teintes - temps - tendance - terme - titre - toile - touche - traitement - vent - vide - vie - visuel - volume - vue - œuvre