Hospitalisation psychiatrique : news de zepo

Hospitalisation psychiatrique – news de Zepo

Bonjour !

Voici un billet tout en un et pour toutes et tous.

Je vous présente toutes mes excuses pour ne pas avoir continué mes publications artistiques et littéraires, ni donné de nouvelles depuis le mois de septembre… Que dire… le but de ce billet n’est pas d‘exposer totalement les causes à effets qui m’ont amenées aux faits que j’aborderai, mais de vous informer un minimum de ma santé physique et mentale.

Pour le physique : J’ai de l’ « hyperlaxe » et je peux me déboiter les bras ou les hanches si je fais pas attention à mes mouvements (comme dans les escaliers). Je souffre d’une légère, mais handicapante, hyper-androgynie depuis 9 ans, donc une perturbation du système endocrinien.

Récemment, j’ai séjourné 32 jours dans le département psychiatrique pour adulte du chuv à Lausanne, j’ai été hospitalisée le 25 décembre 09 pendant la nuit et je suis sortie le 27 janvier 10 au soir. Là-bas j’ai vécu environ deux semaines dans une chambre de soin – d’isolement, puis j’ai logé dans une chambre seule.

J’ai été le sujet d’un épisode psychotique, d’une décompensation psychologique. Physiquement c’était tout aussi éprouvant que psychiquement et j’ai perdu beaucoup de poids en très peu de temps à savoir que le 21 décembre je ne pesais que 44kg et le 25 décembre je ne pesais plus que 40kg environ (pour 167cm).

Depuis janvier 2009, même antérieurement, j’ai accumulé de longues périodes d’insomnie. En plus de mes insomnies « normales », je passais plusieurs nuits blanches de suites à chaque tentative de sevrage du cannabis. Lors de ces sevrages, je n’arrivais pas à travailler ou à poursuivre des activités nécessitant un minimum de concentration. J’ai vraiment très mal vécu certaines situations dans mes relations familiales, sociales, amoureuses et professionnelles. J’ai été fortement choquée à diverses reprises, très souvent incomprise et parfois même parfois piétinée sans respect… Certaines personnes de mon entourage ont une épée de Damoclès sur la tête ou des tendances suicidaires. J’ai eu, entre autres, de grandes inquiétudes à leur sujet.

J’avais beau voir un psychiatre, à part discuter au sujet de la consommation de cannabis et de mes insomnies je ne lui parlais pas de ces tracas.

Toutes les fois que je recommençais à fumer, c’était pour être apte à travailler et arriver à dormir le soir. Par ce que beaucoup de choses m’apportent du plaisir, on ne peut pas dire que je suis dépressive comme personne, mais j’avais énormément de sentiments et de tristesse coincés dans le cœur.

Je travaillais et m’intéressais à beaucoup de choses, par passion mais aussi pour oublier les soucis et je fumais pour pouvoir travailler… programmation informatique Ruby et autres, graphisme, linguistique, logistique, ontologie etc… Un cycle infernal c’est installé ; fuir dans le travail et dépendre de la fumée pour pouvoir fuir dans le travail.

Consommer m’aidait à dormir, certes, mais qu’un peu…fumer des joints en plus de la cigarette coûte très cher et je menaçais sans cesse le très fragile équilibre de ma santé financière. En effet, la nourriture spirituelle nécessite, pour pouvoir l’assimiler correctement, de la nourriture physique. Ors je peux dire que je ne me nourrissais que d’informations, de café et de fumée… J’ai finalement tellement abusé de moi-même que suis allé au-delà du raisonnable pour ma santé à tous niveaux. J’ai mis mon système nerveux à rude épreuve et j’en ai franchis les limites.

Cette semaine j’ai retracé les dates de mes fichiers informatiques, au mieux, jusqu’au mois de mai 09 et reconstitué une chronologie… de voir à quel point je dormais peu m’a, avec du recul, bien effrayé (pourtant je n’ai pas toutes les données et ne tiens pas compte des données incertaines), ces quelques dates et heures parlaient déjà beaucoup d’elles même sur mon manque de sommeil…

Pour conclure cette descente aux enfers, je me suis tapé le « giga bad trip du siècle ». Je suis partie en auto-combustion lente et rapide à la fois et comme ma résistance est grande, j’ai tenu des mois avant le putain d’épisode final et monstrueux… j’ai trop fragmenté ou défragmenté le disc dur qui me sert de cerveau. Et c’est peu dire ! J’ai vécu la sensation de fin du monde, carrément. Tous mes sens étaient exacerbés à l’extrême… mais que dire ! Tellement de choses ! J’ai carrément vidé mon cerveau de toutes les connaissances et les sentiments que j’avais accumulés depuis une douzaine d’année.

Ce que je trouve déroutant à l’heure qu’il est c’est de me souvenir d’avoir demandé de l’aide en téléphonant aux urgences moi-même, à ce moment là je n’avais su expliquer la situation à la réceptionniste des urgences et j’ai du raccrocher le téléphone car je n’arrivais pas à décrire précisément mon état. J’ai en quelque sorte engueulé le médecin quand il est enfin arrivé, avec deux flics, chez moi des heures et des heures plus tard…

Cette expérience de ouf, qui est terrifiante et hardcore, a malheureusement compromis mes projets d’études pour cette année.

À présent je dois faire très attention à moi. J’ai vraiment de la peine à ne pas fumer de joints du tout, c’est mon gros problème. Pour l’instant mes timelines et mes journaux ne me disent pas encore tout, mais il semblerait que les graves insomnies depuis janvier 09 avec un pic atroce en juillet et se poursuivant jusqu’en décembre 09 ont eut leur effet « Tazer ». Au total tous les chocs, de quelle nature qu’ils soient, m’ont été fatals.

J’ai abusé de toutes les choses qui me plaisaient intellectuellement ainsi que de la fumée… j’ai oublié mon corps ; sa chair, mon système nerveux etc ! Je m’en suis réellement rendue compte et alarmée mi-novembre. Et là j’ai voulu tout changer dans ma vie, tout réorganiser de A à Z dans les moindres détails, pour pouvoir prendre soins de moi, mon corps et mon esprit.

Mais il était trop tard je crois. J’ai mangé énormément et sainement, j’ai beaucoup cuisiné et comme j’adore ça, je faisais régulièrement du pain. Mais je travaillais tellement à gauche à droite que je dépensais toujours plus d’énergie que je n’en apportais, malgré une nutrition étudiée !. Et des tas de concepts logistiques et quelques pains maisons plus tard, j’ai carrément court-circuité.

Retracer les événements et structurer ces souvenirs peux m’aider. C’était un temps très éprouvant et effrayant, j’ai vraiment morflé ; je n’ai pas de mots pour décrire ma terreur et comment, à cette terreur elle-même j’essayais par tous les moyens d’y faire face de manière logique mais je n’arrivais plus à rien de logique – dans la – en – réalité. Durant l’épisode psychotique, impossible de stopper certains raisonnements pseudo logiques. Je suis devenue comme une machine ou un ordinateur qui déconne quoi…

Au début de l’épisode, on aurait pu me prendre pour Triphon Tournesol mais à la fin cela n’était carrément plus comique du tout. Le plus étrange à l’heure actuelle, c’est de se souvenir de tout mais en ayant à nouveau une appréhension correcte de la réalité. Pendant l’état psychotique même j’étais en supplication pour que cela s’arrête.

La suite du témoignage psychotique, je ferais mieux de le structurer dans une catégorie « psychotique » hé hé hé… puisque le diagnostique est enfin posé : je suis psychotique, point.

Concernant le blog et son design, il est évident que je ne puis le laisser en pagaille comme cela mais je dois faire un max d’autres choses plus importantes avant de retourner à la mine… En gros je dois tout recommencer et continuer ce que je faisais mais plus gentiment cette fois…

Ah oui, je ne prends pas de traitement neuroleptique ou autre, donc je suis en pleine possession de mes moyens, mais le but actuellement est d’éviter que plus jamais mes sens et mes moyens ne prennent possession de moi. C’est trop affreux.

Fait ennuyeux ; je reste une insomniaque de première classe donc je fume, car j’ai horreur des cauchemars et des rêves affreux que je peux avoir avec les médicaments (expérience faite à l’hôpital). À propos, aucun somnifère, aucun, n’a inspiré mes médecins. Ils rendent encore plus dépendant et le risque d’accoutumance, donc d’augmenter les doses pour obtenir l’effet souhaité, est énorme et leur consommation est trop dangereuse à long terme.

Enfin, j’ai tout de même un médicament qu’il me reste à tester pour aider à l’endormissement, qui contient de la Quétamine et qui, soi-disant, ne rend pas dépendant. Ce qui me gêne c’est que c’est un médicament pour schizophrènes et je ne suis pas schizophrène… Alors moi je veux bien, sauf que non, c’est trop étrange, je n’arrive pas à prendre ce médoc. J’en ai plus peur que de la beuh et ça c’est nul de ma part… j’ai peur des deux mais plus du médicament… Ou alors j’ai peur d’arrêter la beuh… je ne sais pas au fond.

J’aimerais savoir si c’est parce que je suis une psychotique finie ou si c’est l’abus de moi-même, à tellement de niveaux depuis des années, qui m’a amené à vivre cette phase terrible… je sais à présent ce que cela fait de se disloquer en tous cas et comment l’espace-temps-réalité peut être correctement appréhendé par nos sens, ou pas…

Un exemple vulgaire mais bon ; un train ou un avion, à cause des vibrations, a toujours besoin qu’on lui revisse les boulons etc. pour son entretient, et bien moi j’ai trop serré quelque part mais pas les boulons on dirait…

L’avenir nous le dira si je suis un psychotique finie ou si j’ai vécu un épisode psychotique post-traumatique. En tous les cas, c’est un honneur de vous connaitre ha ha ha ;-)

Non mais, ho hé hein ? Bon…

zepoze, artistique, psychotique, linguistique et littéraire.

Cela fera une expérience de plus à citer dans les peaux de Zepo…

Sont-ce mes maux qui expliquent la maladie ou la maladie qui explique mes maux ? Qui sait…

Les mots me manquent, ah ! Les mots… les mots…

Tant de mots j’aurais voulu dire ou entendre avant ce gros délire. J’aurais tant voulu entendre « je t’aime »… cela fait partie des chagrins qui m’ont poussé à fuir et à présent qui va aimer d’amour une psychotique ?

Heureusement que je m’aime quand même :-) et que je ne suis pas du tout suicidaire :-)

J’ai toujours mes deux chiens et eux au moins ne se rendent compte de rien à ce niveau là…ils m’aiment comme ça :-)

Pardonnez-moi tout s’il vous plaît. Je vous demande pardon les gens.

Vous m’avez manqué et j’ai jamais oublié les personnages de la seosphère, ni les soupers auxquels je n’ai pas pu me rendre, ni les dessins que je dois encore envoyer à certains, ni ceux qui devaient me rappeler et qui ne l’ont jamais fait…

À plus yep

Lundi 8 février 2010 à 16:23

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